Plan anti-échec · document de travail investisseurs

Sorare a montré
exactement quoi ne pas faire

La question qu'un investisseur sérieux posera en premier : « Sorare a levé 680 M$ sur la même thèse et s'est effondré — pourquoi pas vous ? » Cette page y répond cause par cause. ESSAI n'est pas construit malgré l'échec de Sorare : il est construit dessus.

01 · Les faits, sans complaisance

La chute d'une licorne
à 4,3 milliards

680 M$levés en 2021 à 4,3 Md$ de valorisation — la plus grosse levée de la French Tech
− 27 %de chiffre d'affaires : 59 M€ → 43 M€
> 220 M€de pertes cumulées
− 13 %d'effectifs en mars 2024, premier plan social
− 35 %d'effectifs en novembre 2025, le CTO cofondateur en retrait
+ 33 %d'utilisateurs sur la même période — la demande existait, le modèle ne la monétisait pas

La leçon centrale : Sorare n'a pas manqué d'utilisateurs, il a manqué de valeur réelle. Quand la spéculation est partie, il ne restait rien à tenir dans la main, rien à jouer sur une table, rien qui vaille sans la plateforme. C'est le point exact où notre modèle diverge.

02 · Sept causes, sept parades structurelles

Chaque cause de l'échec
a sa parade dans notre plan

Ce qui a tué SorareLa parade ESSAI — structurelle, pas cosmétique
La valeur reposait sur la spéculation : cartes achetées comme des actifs, prix d'enchères, promesse implicite de gain. Le crash crypto a vidé la promesse. Valeur d'usage d'abord. Prix fixes, pas d'enchères au lancement, aucun discours de « rendement ». On achète une carte ESSAI pour la posséder, la jouer et la montrer — la revente est un bonus, jamais l'argument de vente.
100 % digital : si la plateforme meurt, les cartes ne sont rien. Les collectionneurs le savaient — la confiance s'est évaporée avec le cycle. Physique d'abord. La carte est un objet imprimé que le client possède réellement. Même si ESSAI disparaissait, les cartes resteraient — comme les Panini de 1970 qui se vendent toujours. Le digital (NFC, app) enrichit l'objet, il ne le remplace pas.
Des licences à minimums garantis massifs (MLB, NBA, grands clubs) payées en haut de cycle — des coûts fixes de géant sur des revenus qui se sont dégonflés. Zéro minimum garanti au lancement. Les joueurs sont payés au variable (royalties), les fédérations attendront la phase 2 et seront payées au succès. Aucun contrat ne peut nous couler si les ventes déçoivent.
La sur-levée : 680 M$ imposent une structure, un burn et une pression de croissance dont on ne redescend pas. La valorisation est devenue un piège. Lever par paliers, dépenser au variable. 2-3 M€ d'amorçage, 8-10 personnes jusqu'au break-even, chaque tour déclenché par des preuves — jamais plus de capital que le prochain jalon n'en exige.
La friction et le stigmate crypto : wallets, NFT, volatilité — un repoussoir pour le grand public et un chiffon rouge réglementaire. Zéro crypto. Des euros, une carte bancaire, un objet. La puce NFC authentifie, elle ne spécule pas. Le grand public comprend une carte à collectionner en trois secondes.
L'épée de Damoclès réglementaire : enquête de la Gambling Commission, régime JONUM en France — un modèle qui vit à la frontière du jeu d'argent. Conformité par construction : probabilités de tirage publiées, drops à contenu connu, marketplace 18+ avec KYC, aucun mécanisme de cash-out intégré, gamme enfant sans aléatoire. La conformité est un argument commercial.
Un moteur de croissance indexé sur un cycle financier (le bull market crypto) — quand le cycle s'est retourné, l'acquisition s'est arrêtée net. Un moteur indexé sur le calendrier sportif : Six Nations, Coupes du monde, JO — des rendez-vous garantis, gratuits et récurrents qui créent la demande chaque année, quel que soit l'état des marchés.

03 · La discipline stage-gate

Des critères d'arrêt écrits
avant de dépenser

La deuxième leçon de Sorare : sans critères d'arrêt définis à froid, on rationalise les mauvais chiffres jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Les nôtres sont écrits noir sur blanc, et chaque franchissement conditionne la tranche de dépenses suivante :

G0Avant la levée

Drop test de 500 cartes. Critère : sold-out en 7 jours et 5 000 inscrits en liste d'attente. Sinon : on ne lève pas, on réinterroge le produit — coût total du test < 30 k€.

G1Mois 6

Réachat à 90 jours > 30 % et coût d'acquisition < 25 % de la valeur client à 12 mois. Sinon : gel des embauches et du plan média, itération produit sur la trésorerie existante.

G2Mois 12

3 M€ de CA annualisé au sortir de la Coupe du monde 2027. Sinon : pas de série A dilutive au rabais — repli sur le scénario noir (ci-dessous) et rentabilité à petite échelle avant toute relance.

G3Avant le jeu

Le TCG ne se lance que si la communauté le demande (tests de rétention D30 > 25 % sur le prototype). Sinon : on reste un éditeur de cartes rentable — le jeu est une option, pas un pari obligatoire.

G4En continu

Règles de trésorerie inviolables : 18 mois de runway minimum en permanence, aucun minimum garanti signé avant la série A, aucun coût fixe nouveau sans deux trimestres de marge qui le couvrent.

04 · Le scénario noir, chiffré

Et si tout déçoit ?
La boîte survit — par construction

Hypothèses volontairement dures : la demande est deux fois moindre que prévu, le réachat plafonne à 15 %, la Coupe du monde ne crée pas de vague. Voici ce qui se passe — et pourquoi ce n'est pas la mort :

Scénario de baseScénario noir
CA 20271,2 M€0,5 M€
Marge brute (coûts variables)≈ 78 %≈ 72 %
Équipe8-10réduite à 5
Burn mensuel net≈ 90 k€≈ 45 k€
Runway sur l'amorçage> 24 mois> 24 mois
IssueSérie A début 2028Pivot ordonné : rentabilité à petite échelle (éditeur de niche), ou bascule B2B (drops en marque blanche pour clubs et ligues) — les actifs (joueurs signés, machine de drops, communauté) restent monétisables

La différence structurelle avec Sorare : chez eux, 90 % des coûts étaient fixes (équipe de 300, licences garanties, tech lourde) — la chute du CA était mortelle. Chez nous, la production, les royalties et le marketing suivent les ventes : un CA divisé par deux divise aussi les coûts. On ne peut pas promettre le succès ; on peut construire pour que l'échec ne soit pas fatal.

05 · Ce qu'on copie, à l'inverse

Nos modèles sont ceux
qui ont traversé les cycles

Pokémon TCG

30 ans de croissance, toutes crises traversées : la valeur d'usage (on y joue) rend la demande insensible aux cycles spéculatifs. C'est le modèle de notre acte II.

Topps Now

L'impression à la demande du moment sportif : zéro stock, zéro risque, marge directe. C'est le modèle de notre acte I — éprouvé depuis 2016 sur le baseball.

Panini physique

Rentable depuis 60 ans sur l'objet imprimé, y compris pendant le crash NFT qui a emporté ses propres aventures digitales. L'objet gagne toujours.

PSA / Collectors

19 millions de cartes gradées en 2025 : l'infrastructure de confiance est le vrai gagnant du marché secondaire. C'est le modèle de notre acte III.