Plan anti-échec · document de travail investisseurs
La question qu'un investisseur sérieux posera en premier : « Sorare a levé 680 M$ sur la même thèse et s'est effondré — pourquoi pas vous ? » Cette page y répond cause par cause. ESSAI n'est pas construit malgré l'échec de Sorare : il est construit dessus.
01 · Les faits, sans complaisance
La leçon centrale : Sorare n'a pas manqué d'utilisateurs, il a manqué de valeur réelle. Quand la spéculation est partie, il ne restait rien à tenir dans la main, rien à jouer sur une table, rien qui vaille sans la plateforme. C'est le point exact où notre modèle diverge.
02 · Sept causes, sept parades structurelles
| Ce qui a tué Sorare | La parade ESSAI — structurelle, pas cosmétique |
|---|---|
| La valeur reposait sur la spéculation : cartes achetées comme des actifs, prix d'enchères, promesse implicite de gain. Le crash crypto a vidé la promesse. | Valeur d'usage d'abord. Prix fixes, pas d'enchères au lancement, aucun discours de « rendement ». On achète une carte ESSAI pour la posséder, la jouer et la montrer — la revente est un bonus, jamais l'argument de vente. |
| 100 % digital : si la plateforme meurt, les cartes ne sont rien. Les collectionneurs le savaient — la confiance s'est évaporée avec le cycle. | Physique d'abord. La carte est un objet imprimé que le client possède réellement. Même si ESSAI disparaissait, les cartes resteraient — comme les Panini de 1970 qui se vendent toujours. Le digital (NFC, app) enrichit l'objet, il ne le remplace pas. |
| Des licences à minimums garantis massifs (MLB, NBA, grands clubs) payées en haut de cycle — des coûts fixes de géant sur des revenus qui se sont dégonflés. | Zéro minimum garanti au lancement. Les joueurs sont payés au variable (royalties), les fédérations attendront la phase 2 et seront payées au succès. Aucun contrat ne peut nous couler si les ventes déçoivent. |
| La sur-levée : 680 M$ imposent une structure, un burn et une pression de croissance dont on ne redescend pas. La valorisation est devenue un piège. | Lever par paliers, dépenser au variable. 2-3 M€ d'amorçage, 8-10 personnes jusqu'au break-even, chaque tour déclenché par des preuves — jamais plus de capital que le prochain jalon n'en exige. |
| La friction et le stigmate crypto : wallets, NFT, volatilité — un repoussoir pour le grand public et un chiffon rouge réglementaire. | Zéro crypto. Des euros, une carte bancaire, un objet. La puce NFC authentifie, elle ne spécule pas. Le grand public comprend une carte à collectionner en trois secondes. |
| L'épée de Damoclès réglementaire : enquête de la Gambling Commission, régime JONUM en France — un modèle qui vit à la frontière du jeu d'argent. | Conformité par construction : probabilités de tirage publiées, drops à contenu connu, marketplace 18+ avec KYC, aucun mécanisme de cash-out intégré, gamme enfant sans aléatoire. La conformité est un argument commercial. |
| Un moteur de croissance indexé sur un cycle financier (le bull market crypto) — quand le cycle s'est retourné, l'acquisition s'est arrêtée net. | Un moteur indexé sur le calendrier sportif : Six Nations, Coupes du monde, JO — des rendez-vous garantis, gratuits et récurrents qui créent la demande chaque année, quel que soit l'état des marchés. |
03 · La discipline stage-gate
La deuxième leçon de Sorare : sans critères d'arrêt définis à froid, on rationalise les mauvais chiffres jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Les nôtres sont écrits noir sur blanc, et chaque franchissement conditionne la tranche de dépenses suivante :
Drop test de 500 cartes. Critère : sold-out en 7 jours et 5 000 inscrits en liste d'attente. Sinon : on ne lève pas, on réinterroge le produit — coût total du test < 30 k€.
Réachat à 90 jours > 30 % et coût d'acquisition < 25 % de la valeur client à 12 mois. Sinon : gel des embauches et du plan média, itération produit sur la trésorerie existante.
3 M€ de CA annualisé au sortir de la Coupe du monde 2027. Sinon : pas de série A dilutive au rabais — repli sur le scénario noir (ci-dessous) et rentabilité à petite échelle avant toute relance.
Le TCG ne se lance que si la communauté le demande (tests de rétention D30 > 25 % sur le prototype). Sinon : on reste un éditeur de cartes rentable — le jeu est une option, pas un pari obligatoire.
Règles de trésorerie inviolables : 18 mois de runway minimum en permanence, aucun minimum garanti signé avant la série A, aucun coût fixe nouveau sans deux trimestres de marge qui le couvrent.
04 · Le scénario noir, chiffré
Hypothèses volontairement dures : la demande est deux fois moindre que prévu, le réachat plafonne à 15 %, la Coupe du monde ne crée pas de vague. Voici ce qui se passe — et pourquoi ce n'est pas la mort :
| Scénario de base | Scénario noir | |
|---|---|---|
| CA 2027 | 1,2 M€ | 0,5 M€ |
| Marge brute (coûts variables) | ≈ 78 % | ≈ 72 % |
| Équipe | 8-10 | réduite à 5 |
| Burn mensuel net | ≈ 90 k€ | ≈ 45 k€ |
| Runway sur l'amorçage | > 24 mois | > 24 mois |
| Issue | Série A début 2028 | Pivot ordonné : rentabilité à petite échelle (éditeur de niche), ou bascule B2B (drops en marque blanche pour clubs et ligues) — les actifs (joueurs signés, machine de drops, communauté) restent monétisables |
La différence structurelle avec Sorare : chez eux, 90 % des coûts étaient fixes (équipe de 300, licences garanties, tech lourde) — la chute du CA était mortelle. Chez nous, la production, les royalties et le marketing suivent les ventes : un CA divisé par deux divise aussi les coûts. On ne peut pas promettre le succès ; on peut construire pour que l'échec ne soit pas fatal.
05 · Ce qu'on copie, à l'inverse
30 ans de croissance, toutes crises traversées : la valeur d'usage (on y joue) rend la demande insensible aux cycles spéculatifs. C'est le modèle de notre acte II.
L'impression à la demande du moment sportif : zéro stock, zéro risque, marge directe. C'est le modèle de notre acte I — éprouvé depuis 2016 sur le baseball.
Rentable depuis 60 ans sur l'objet imprimé, y compris pendant le crash NFT qui a emporté ses propres aventures digitales. L'objet gagne toujours.
19 millions de cartes gradées en 2025 : l'infrastructure de confiance est le vrai gagnant du marché secondaire. C'est le modèle de notre acte III.